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Gestion participative des conflits fonciers A l'aide d'images satellites et de mesures GPS en Afrique occidentale.

Gestion participative des conflits fonciers A l'aide d’images satellites et de mesures GPS en Afrique occidentale.Les sources de pauvreté sont, certes, liées au manque de ressources ; mais proviennent également de limitations imposées, pour des raisons structurales et historiques, aux droits légaux de base. Hans Geisslhofer explique comment les images et les cartes satellites peuvent aider de simples paysans à établir leurs droits fonciers.

Droit foncier confus

La terre, en Afrique, contrairement à la situation sur d'autres continents, est toujours en grande partie disponible. Cependant, ce n'est pas une terre libre qui peut être employée par le premier venu. La quasi-totalité des parcelles de terre de qualité, ainsi que chaque propriété ont leurs propres droits traditionnels d'utilisation.

Des droits de propriété clairs, ou des simples limites de propriété, n’existent que très rarement. L'eau, quant à elle, est un cadeau de Dieu dont l'accès ne peut être refusé à quiconque selon la loi traditionnelle.

Au temps colonial, toute la terre fut déclarée propriété d'état - au moins formellement – puis, après l'indépendance, ce système a perduré. En pratique, toute la terre était gérée par le plus ancien du village, à la façon d’un fief, qui l’attribuait en fonction du besoin aux familles, afin qu’elles y plantent des céréales ou des légumes.
Ce type de droit d'utilisation de la terre permet seulement de cultiver à court terme, généralement de façon annuelle. L'agriculture durable n'est donc pas possible.

Manque de moyens cartographiques

L'introduction d'un cadastre agricole national est difficilement réalisable. Pour mesurer ces immenses terrains une main d’œuvre de techniciens trop importante et donc coûteuse serait nécessaire, sans parler des bureaux de planification déjà surchargés par le travail dans les secteurs urbains. Un mouvement soudain de privatisation de la terre et de la propriété serait également difficile à assurer et pousserait surtout de petits fermiers à l’endettement.

Dans certains pays, les droits traditionnels d’utilisation de la terre sont suffisants pour permettre une agriculture durable. La culture y est autorisée sans obligation de vendre la terre, à la façon d’un bail, et les paysans peuvent solliciter le remboursement de divers investissements tels que les arbres fruitiers plantés ou les clôtures installées. Cependant, le droit d’obtention un bail, est rarement appliqué, car aucun fermier n'a les moyens d'obtenir des mesures pour ses propres parcelles de terrain.

Les projets de développement utilisent également des schémas pour l'aménagement participatif villageois.Les projets de développement utilisent également des schémas pour l'aménagement participatif villageois (MARP).

Mais ces documents ne respectent aucune échelle.

Cartes basées sur des données satellites

Le satellite américain Landsat envoyait des images multi spectrales de la terre à la terre depuis les années 70. Depuis quelques années, des images réalisées par la NASA en 2000 sont disponibles sur Internet sous la forme d'un mosaique de photos . Elles sont disponibles, gratuitement pour tous les pays du monde! Ces mêmes photos ont été utilisées par le fameux serveur de "Google Earth" pour visualiser le monde entier sur Internet.

L'échelle associée au pixel (12.25x12.25 m par pixel) de ces photos est trop petite pour permettre un usage direct à des cartes de région à l'échelle 1:5 000. Cependant, il est possible de réaliser des cartes de vue d'ensemble aux échelles allant de 1:25 000 à 1:50 000.

Il est également possible de travailler sur des extraits agrandis des images satellite de Landsat. Mais ceci peut conduire à des effets inquiétants sur les pixels qui apparaissent à l’écran lors de leur agrandissement. Les couleurs sont plus ou moins réalistes, mais certains éléments difficiles à distinguer, tels que des villages, chemins...…D'autres elements puvent être représentés sur la photo avec des symboles simples pour palier au problème de discernement. De cette façon, une carte de village à une échelle correcte peut être créée comme superposition d'une carte et d'un dessin, et comprise par tous, y compris les personnes illettrées.

Au Sénégal et au Mali ces photos sont employées pour l’aménagement du territoire dans des secteurs spécifiques de bassins versants dans les diocèses de Dakar, Kaolack et Bamako, en support aux projets de la Caritas locale.Au cours de ces dernières années, les deux satellites, Quickbird et Ikonos, ont livré selon la demande des photos de très haute résolution. La zone choisie est représentée à l’échelle de moins d'un mètre carré par pixel. Ceci permet une remarquable précision rendant arbres et huttes visibles. Mais ces photos sont relativement chères (Pour se procurer de telles photos haute résolution, la commande minimale est une aire de 8 x 8 km), toutefois ces dépenses peuvent être facilement justifiées lorsqu’elles sont engagée dans des projets anti-érosion intensifs hydraulique, plantations d'arbres, etc… Aujourd'hui on peut également visualiser certaines zones avec une précision suffisante sur "Google Earth", notamment autour des grandes villes, mais pas encore partout dans le monde rural.

Au Sénégal et au Mali ces photos sont employées actuellement pour l’aménagement du territoire dans des secteurs spécifiques de bassins versants.

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